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Panthéonisation de Marc Bloch

Marc Bloch et sa femme Simonne Vidal rejoignent aujourd’hui au Panthéon le terrible cortège des hommes et femmes victimes de la barbarie. Il entre au panthéon comme résistant mais aussi comme historien.
Spécialiste en histoire médiévale, il a révolutionné cette discipline en fondant avec Lucien Febvre L’école des Annales, qui révolutionne les études historiques avec une démarche transdisciplinaire donnant une vision globale de cette science humaine, sur la durée.
Marc Bloch propose une vision novatrice du rapport entre passé et présent. Dans son livre Apologie pour l’histoire, il écrivait que si le passé permettait la compréhension du présent, le présent permettait aussi de mieux comprendre le passé. Il a influencé l’enseignement de l’histoire, pour faire de la pédagogie de l’histoire et pas seulement de la mémoire et des dates.
Le savoir et l’action sont liés chez Marc Bloch. Combattant en 14-18, il s’engage en 1940 comme réserviste, alors qu’il a 53 ans et est père de 6 enfants. En tant que juif, il est victime des lois antisémites du régime de Vichy, et perd son poste à la Sorbonne. Mais pour son service à la nation et son travail sur le moyen-âge, il est ensuite exempté par Vichy du statut des juifs. Il aurait pu profiter d’un visa pour les États-Unis mais décida plutôt, en 1943, de rejoindre la résistance, dont il devient un des chefs pour la région lyonnaise au sein de Franc-Tireur, puis dans les Mouvements Unis de la Résistance. Marc Bloch est arrêté à Lyon le 8 mars 1944, par l’équipe de Francis André, collaborateur français de la Gestapo. Il est interné à la prison Montluc et torturé pendant des jours, sans jamais donner d’information utile. Le soir, il enseigne la France à des prisonniers français. Il est exécuté par la Gestapo le 16 juin 1944 aux côtés de vingt-sept autres résistants.
Simonne Vidal, son épouse, joua un rôle important dans les travaux de son mari, notamment comme secrétaire et assistante de recherche. Elle fut également bénévole dans un hôpital durant les deux guerres mondiales. Elle mourra à l’hôpital sous une fausse identité deux semaines après l’exécution de son mari et est inhumée dans une fosse commune.
C’est cette unicité de cet homme engagé, le savant et le résistant, que nous souhaitons mettre en avant aujourd’hui.