Rapport National de la Question Sociale 2018

Les Frères et les Sœurs de la Fédération française du DROIT HUMAIN travaillent chaque année sur une question sociale.
Le document qui vous est ici présenté a été adopté lors de leur dernier Convent. Il résume leurs idées et leurs propositions sur un sujet essentiel : le rôle de la culture, des arts et de la créativité dans la construction d’une humanité plus éclairée.
En faisant connaître à tous leurs réflexions, les francs-maçons de la Fédération française du DROIT HUMAIN veulent apporter leur contribution au débat public.

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” Comment la culture, les arts et la créativité peuvent-ils rester les moteurs des civilisations ? “

Comme Octavio Paz, nous sommes persuadés du fait que « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. »

Face aux communautarismes, aux replis identitaires, les arts et la culture restent plus que jamais de véritables marqueurs de sociétés. Ils doivent être valorisés avec plus de discernement et surtout d’engagement de la part de nos pouvoirs publics, car ils ont vocation à nous rappeler que nous faisons partie d’une communauté qui s’appelle l’Humanité et qui se doit de cheminer vers un idéal universel afin de rester libre, solidaire et fraternelle.

INTRODUCTION

Cette question, ou plutôt les nombreuses questions contenues dans son énoncé, prennent pour évidence et comme postulat, que la culture, les arts et la créativité, ont été jusqu’alors les moteurs des civilisations et que leur rôle pourrait être remis en cause aujourd’hui. La formulation relève d’une angoisse manifeste de perte de repères démocratiques.

Il semble incontournable de nous accorder sur les termes employés, culture, arts, créativité, avant de problématiser la question et prendre le recul nécessaire pour, non pas prétendre répondre de façon exhaustive à la question, mais plutôt essayer d’énoncer et faire ressortir quelques pistes critiques à géométrie variable, puisque les réponses à la question intéressent autant nos politiques culturelles nationales que celles du développement durable de l’Humanité. Nous nous interrogerons ensuite sur le « comment », les moyens, les modalités d’action des arts, associés à l’éducation, piliers incontournables à associer à la culture, comme moteurs civilisationnels potentiels, afin d’énumérer enfin un certain nombre de propositions, de mesures qui semblent prioritaires et ainsi mettre en évidence, en accord avec les valeurs fondamentales qui sont celles du DROIT HUMAIN, le caractère prospectif de nos réflexions.

Commençons par interroger plus précisément, dans l’ordre de l’énoncé, les termes de la question.

I. La culture

Au-delà des définitions académiques convenues, une culture1 est à la fois savoir, savoir-faire et savoir être. Nous pourrions indifféremment mettre un « S » à culture puisqu’il en existe de nombreuses formes : culture dominante dite culture de l’élite, culture populaire, culture de masse, sous culture, contre-culture, culture de jeunesse mais aussi culture enfantine liée aux représentations propres à l’enfance. Toutes sont légitimes, nécessaires et transmissibles.

Depuis la Déclaration Universelle des droits de l’Homme de 1948 en son article 27.1 « Toute personne a le droit de prendre part librement à la vie culturelle de la communauté, de jouir des arts et de participer au progrès scientifique et aux bienfaits qui en résultent » ; renforcé par la conférence mondiale sur les politiques culturelles de l’UNESCO à Mexico en 19822, la déclaration de Fribourg du 7 mai 20073 va plus loin encore et proclame la culture comme un Droit à part entière.

Préalablement « en exprimant l’espoir d’une convergence ultime des objectifs culturels et spirituels de l’humanité », la Conférence de Mexico a convenu :
-que la culture donne à l’homme la capacité de réflexion sur lui-même. C’est elle qui fait de nous des êtres spécifiquement humains, rationnels, critiques et éthiquement engagés. C’est par elle que nous discernons des valeurs et effectuons des choix. C’est par elle que l’homme s’exprime, prend conscience de lui-même, se reconnaît comme un projet inachevé, remet en question ses propres réalisations, recherche inlassablement de nouvelles significations et crée des œuvres qui le transcendent. »4 

La déclaration solennelle des droits culturels de Fribourg de 2007, s’appuyant sur la Déclaration universelle des droits de l’homme, Réaffirme « que les droits de l’homme sont universels, indivisibles et interdépendants, et que les droits culturels sont à l’égal des autres droits de l’homme une expression et une exigence de la dignité humaine. Convaincus que les violations des droits culturels provoquent des tensions et conflits identitaires qui sont une des causes principales de la violence, des guerres et du terrorisme5. Convaincus également que la diversité culturelle ne peut être véritablement protégée sans une mise en œuvre effective des droits culturels » (…)

De fait sous l’expression « la culture », se cache une multiplicité d’approches qui regroupent ces mêmes caractéristiques précédemment énoncées par l’UNESCO. Nous ne pouvons que souscrire à cette déclaration humaniste qui pour être satisfaisante, reste encore à être suivie d’effets concrets.

C’est pourquoi, il nous faut interroger aujourd’hui le caractère « uniformisant », des cultures dites « Main Stream », courant de pensée ou de croyance dominant, soutenues par les industries culturelles6  qui provoquent une standardisation à l’échelle planétaire liée prioritairement au divertissement. Cette culture de masse participe bien souvent d’un asservissement doublé d’appauvrissements intellectuels des plus redoutables. Ce conformisme, à la standardisation des goûts, aux dérives facilitées par l’ère du numérique doit nous rendre toujours plus vigilants face à une utilisation de nouveaux outils séduisants, susceptible de mettre à mal la civilisation des droits de l’Homme.

A contrario, la culture possède toujours son corollaire contestataire à l’époque contemporaine avec des singularités minoritaires, que l’on nomme sous-culture7 et contre-culture qui ont dans leur approche transgressive, un rôle extrêmement important à jouer dans la société avec l’ensemble des courants de pensée, des mouvements et même des associations volontaires qui à travers des musiques contestataires, mais aussi les nouvelles technologies utilisées par les Hackers8, ou les lanceurs d’alertes, l’underground artistique en général, forment cette contre-culture qui est faut-il le rappeler, historiquement inscrite avec, pour ne citer que quelques exemples : le situationnisme9, l’architecture alternative ou l’anarchisme dans sa forme idéologique originelle.

La culture est synonyme de connaissances et de développement spirituel, elle est la pierre angulaire de l’édifice social. La culture en tant que jugement critique opère un retournement sur soi, une meilleure compréhension des autres, par conséquent une culture peut exister en dehors de tout cadre civilisationnel.

II. Les arts

Utilisé au pluriel, l’expression « les arts » induit immédiatement la très grande diversité des moyens, des techniques, des formes qui ne cessent d’évoluer. Nous pouvons sans doute nous accorder sur le fait que les arts représentent une forme d’expression humaine, moyen pour l’homme de se projeter, s’extérioriser, par retour se construire par une impulsion créatrice. Depuis les peintures rupestres préhistoriques jusqu’à nos films modernes et contemporains, les arts possèdent parfois un caractère narratif, mais également de résistance, voire de contestation, de transgression, mais aussi de transmission dans la relation de l’humanité avec son environnement social, politique, éthique et esthétique.

On entend trop souvent que les arts, sont des loisirs, faits pour le pur plaisir. Ils n’auraient donc rien à nous dire et encore moins à nous apprendre. Ils ne seraient que l’expression de la subjectivité des artistes. Ces affirmations sont bien évidemment à combattre. Le contraire doit être soutenu et peut aisément être démontré.

Bien au contraire, les arts ne relèvent pas tant que cela d’une notion de plaisir même si elle existe et leur rôle a toujours été et demeure de montrer la réalité, d’en dévoiler la vérité, d’éduquer le regard, l’attention des sens. Bref, l’art et les arts ne cessent de nous enseigner. Et que nous enseignent-t-il ? Rien de moins que, la liberté de penser, le bon, le bien, le mal, le sens de l’histoire, l’émancipation, l’humain, la vie…etc. A l’instar de notre méthode maçonnique et au-delà de l’esthétique ils suggèrent, n’imposent pas, ouvrent des chemins en chacun, nous permettent de penser hors du langage. Une fois que nous avons compris que nous évoquons tous les arts sans exception, nous pouvons dès lors, dans une approche ontologique mettre indifféremment « l’art » au singulier.

III. La créativité

Dans son acception première, la créativité fait appel à l’imagination, elle implique une notion d’initiative et de liberté, à l’opposé de tout dogmatisme, elle est l’expression de la liberté de l’artiste et c’est seulement quand la liberté est présente que l’art peut tenir son rôle moteur.
Seulement voilà, la créativité est aujourd’hui une notion très inégalement perçue et commentée, elle reste sujet à controverses, car à relativiser par rapport à la notion de « création » qui dans le champ artistique, relève d’un processus inscrit dans une temporalité à l’échelle d’une vie et de celle de générations d’artistes, alors que « la créativité », déborde le domaine artistique et concerne celui des idées au sens large. Capacité d’inventer, d’imaginer quelque chose de nouveau, de résoudre des problèmes soit par la technique, soit par la science, soit par l’esthétique. Terme à la mode, symbole de réussite, la créativité fait ainsi partie aujourd’hui du mot d’ordre de nombreuses entreprises ou « Start up ». La créativité décrit de façon générale la capacité d’un individu ou d’un groupe à imaginer ou construire et mettre en oeuvre un concept neuf, un objet nouveau ou à découvrir une solution originale à un problème avec bien souvent pour conséquence que cette solution, cette idée, entraine la fin même de la pensée sur le problème en question; contrairement à un processus de création qui, comme toute recherche s’alimente par un engagement réflexif, progressif et une temporalité beaucoup plus longue, inscrite dans une histoire.

Sur-employé et diffus ce terme de « créativité » est également adopté par le monde marchand, par celui de la communication d’entreprise. Terme ambigu et fourretout, il fait également écho au « tout créatif » aux « loisirs créatifs » largement répandus aujourd’hui et exprime la qualité d’une personne, sa capacité à associer les objets et les idées d’une façon inattendue, mais sans développement autre que l’action ponctuelle. Il semble important de lever les éventuels malentendus de ce terme perverti en le substituant par celui de « création », car en art toute créativité qui n’est pas reliée par un engagement artistique est à elle-même sa propre fin.

IV. Les civilisations

Employée au singulier « La civilisation » désigne l’état d’avancement des conditions de vie, des savoirs et des normes de comportements ou mœurs « dits civilisés » d’une société. La civilisation, dans cette acception, introduit les notions de progrès et d’amélioration vers un idéal universel engendré, entre autres, par les connaissances, la science, la technologie. Mais La civilisation est la situation atteinte par une société considérée, ou qui se considère, comme “évoluée” avec tous les jugements de valeurs inhérents. La civilisation s’oppose dans ce cas à la barbarie, à la sauvagerie. Certaines tournures d’esprit ont eu et ont encore tendance à juger les différents arts et différentes cultures au regard de « la » civilisation. La période du colonialisme en a été le témoin. Hiérarchiser est évidemment une erreur. Si l’on considère que toute culture est le produit d’imbrication de cultures antérieures, quiconque pense que sa culture est supérieure, s’appauvrit. En conséquence, nous préférerons rester sur l’énoncé « les civilisations » ou le pluriel sous-entend l’ensemble des caractéristiques spécifiques à une société, dans tous les domaines : sociaux, religieux, éthiques, politiques, artistiques, scientifiques et techniques. Les composantes des civilisations sont transmises de génération en génération par l’éducation. Dans cette approche de l’histoire de l’humanité, il n’est pas porté de jugements de valeurs. Le sens est alors proche de celui que nous venons de définir de « culture ». Même si la culture n’est qu’un des aspects des civilisations, Il ne peut pas y avoir de civilisation sans culture.

V. Problématisation de la question / Les menaces et les dangers

Il nous faut maintenant problématiser plus avant cette question : l’art et la culture sont-ils, à ce point, menacés pour que l’on mobilise nos pensées et énergies afin de les sauvegarder ? Est-ce à dire que ces valeurs, qui fondaient notre société jusqu’à présent, seraient à ce point mises à mal qu’elles risqueraient d’être supplantées ?

La question place comme enjeu essentiel le fait d’affirmer l’expression culturelle la plus libre et la plus diversifiée possible, alors que celle-ci se heurte au défi de la Globalisation. Ce terme de globalisation admet, dans son sens originel, à rendre “global” ce qui était « local » ; c’est à dire étendre l’influence d’une idée à la totalité d’un groupe, qui peut être la planète.

Avec les intelligences artificielles, la culture, les arts et la créativité peuvent-ils ne plus être des moteurs, les besoins sociaux étant pris en charge par des réseaux où la critique, l’histoire, la philosophie auront une place en fonction du réglage des algorithmes et de l’abonnement internet que nous pourrions souscrire ?

Est-ce que le produit de l’activité humaine qui s’adresse à nos sens, nos émotions, nos intuitions et qu’on appelle art, peut la faire évoluer systématiquement ?

Les frontières entre les territoires économiques et culturels n’ont plus lieu d’exister. Le monde se décloisonne pour se réinventer et chercher des solutions en état de crise. Mais dans ce vaste mouvement, le risque d’uniformisation est fort. Si une culture hégémonique, mondialisée, finit par s’imposer, comment nos civilisations pourront-elles se régénérer ?

Est-ce que l’individu créatif qui imagine, qui construit et qui met en œuvre un concept neuf pour découvrir une solution originale à un problème apporte forcément un bienfait à notre Civilisation ? Est-ce que l’ensemble des connaissances, des savoir-faire, des traditions, des coutumes qui se transmettent socialement, de façon trans-générationnelle, la conditionnent inexorablement ?

Quelle est la puissance de l’œuvre d’art ? L’œuvre d’art oblige à affiner notre sensibilité, à déchiffrer, à dépasser les conventions, nous entraîne vers un dépassement de nos principes de notre horizon, elle nous ouvre de nouvelles portes vers la connaissance de nous-même et des autres. La multitude d’actions créatrices forment le lien culturel qui se tisse au fil des siècles et se transmet, enrichissant ainsi l’humanité. La culture, les arts, sont synonymes, de liberté d’expression, de désobéissance au formatage de l’esprit, en sont-ils pour autant les moteurs menacés des civilisations ? Comment faire coexister la diversité des cultures, comment faire pour que la culture des uns ne soit pas antinomique de celle des autres?

Il est à noter que tout régime répressif, a pour premier objet, de museler, au mieux de contrôler la création, la culture. Nombres d’autodafés, ont jalonné l’histoire de la répression. Mais les civilisations peuvent-elle produire une nouvelle barbarie sous couvert de « culture » et de « création » artistique ? Les projets totalitaires du 20ème siècle se sont situés dans cette perspective de production artistique normée idéologique de propagande et à la fois de destruction d’oeuvres libres. Mais aujourd’hui ne sommes-nous pas devant un nouveau type de totalitarisme, non plus spécifiquement politique ou idéologique, mais tout à la fois hyper rationnel, efficace et normatif à l’échelle d’un libéralisme planétaire. Sous couvert d’une libéralisation des échanges, comme caution de croissance économique, c’est bien un archétype culturel hégémonique qui s’ordonne progressivement. Ce choix a tendance à transformer la diversité culturelle et la création, en produits de consommation répondant à des règles de marché et non plus à des mécanismes créateurs échappant à l’impératif de résultat ou cohabite tout à la fois un dogmatisme aveugle et par voie de conséquence toutes les formes d’obscurantisme.
Les arts et la culture sont-ils d’ailleurs les meilleurs remparts contre la barbarie ?
Nous vivons une époque de profondes mutations paradoxales au sein du monde et des sociétés, elles ravivent des peurs individuelles et collectives. Les manifestations observables d’un « repli identitaire », de « l’entre soi », d’un « refus de l’altérité » voire de « la haine de l’autre » au sein de notre société seraient-elles les épiphénomènes d’un malaise plus profond où des facteurs environnementaux participent à affaiblir un peu plus, culture, arts, créativité auprès de l’humanité ? Ces constats sont renforcés par le fait que notre société semble avoir de plus en plus tendance à s’éloigner des options artistiques, et notamment de leur transmission. La concentration de pouvoirs technologiques et financiers semble manifestement un risque pour la liberté de création et une économie raisonnée de la culture.
Nous voilà au cœur d’une question éminemment politique, en ce qu’elle relève du champ des politiques culturelles.

VI. « Le Comment » : Comment la culture, les arts et la créativité peuvent-ils rester les moteurs des civilisations ?

Ce « Comment » invite et impose de préciser le sens de cet adverbe, signifiant en clair : de quelle manière, selon quels moyens ?
A cette question Victor Hugo10, répondrait sans doute encore aujourd’hui, par cette phrase laconique et sans détour : « L’art civilise par sa puissance propre »

Au lendemain de la première guerre mondiale, dans un essai quasi politique : La crise de l’esprit, en 191911, Paul Valéry affirmait : « nous autres civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles. Nous sentons qu’une civilisation a la même fragilité qu’une vie »

VI.1 L’art est donc une nécessité vitale pour l’Humanité

L’art dans son essence est pulsion de vie et donc incontournable « L’artiste a le pouvoir de réveiller la force d’agir qui sommeille dans d’autres âmes » écrivait Friedrich Nietzsche dans le Gai Savoir.
Le 27 janvier 1970. Lors d’un débat public l’artiste allemand Joseph Beuys12, expliquait pourquoi l’être humain ne peut pas vivre sans art, ni éducation artistique.
« L’éducation artistique est un problème dans le monde entier. Au fond de soi chacun sait que l’Humain ne peut pas vivre sans art. Sans éducation artistique, l’homme, la femme dépérirait probablement. Après 2000 ans sans art, il ou elle perdrait probablement son cerveau. » Nous dit Joseph Beuys. On parle ici d’un art qui redonne une vie aux femmes et aux hommes directement depuis un espace encore inconnu mais que l’artiste essaie de designer avec le terme de « contre-espace » et en posant la question de l’existence toute entière de l’Humain. Comment l’homme vient-il au monde ? Quelles sont les forces qui le nourrissent ? Quelle est la mission de l’art, si l’on suit la perspective de Goethe qui disait que l’art est une technique de deux mondes. Cette technique doit se confronter au monde de la matière et au monde qui est au-delà du monde de la matière c’est-à-dire avec le monde spirituel.
« Voilà la problématique de l’art. Par l’art quelque chose est apporté à l’Humain qui le rend capable de vivre dans la dimension physique de la vie ». Joseph Beuys essaie ainsi de décrire l’art comme une substance de nutrition énergétique et donc de moteur dont l’humanité a besoin pour ses activités. Moteur de perfectionnement sur le continuum de l’Humanité.
L’art peut justement poser ces questions lorsque l’artiste a élargi son concept au processus ; parce qu’il ne se contente pas de questionner le résultat, mais parce qu’il remonte plus loin et questionne toutes les étapes intermédiaires. Ainsi l’art ne s’opère pas « ex nihilo ».
L’art remonte donc aux sources du processus lui-même, c’est l’art qui pose aujourd’hui les questions épistémologiques qui ne sont pas posées par la science au sens de l’étude de la connaissance.
Il est donc vital que l’on questionne les processus moteurs en l’Humain à partir de l’art, que l’on pratique une science de l’Humain dans ce sens. Ce n’est que dans ces conditions que l’on va comprendre comment un être humain peut être éduqué. L’art et la création ont également une fonction de catharsis, une dimension initiatique permettant à l’humain de prendre conscience de lui-même au-delà de ses tourments intérieurs.

VI.2 L’éducation

La question fondamentale de l’éducation et à plus forte raison de l’éducation artistique comme élément moteur, structurant d’une pensée libre, émancipatrice et autonome est donc ainsi posée.
Il nous faut accorder une place prépondérante à l’intuition, à l’imagination, à l’analogie entre disciplines enseignées et même à l’ouverture possible vers la sérendipité, c’est-à-dire accepter que l’élève trouve autre chose que ce qu’il cherchait.

  • Apprendre à apprendre plutôt qu’apprendre pour apprendre afin de ne pas formater les individus et ainsi encourager la création.
  • Favoriser la connaissance du monde qui nous entoure, passer de la sensation brute à la perception élaborée.
  • Mettre l’accent sur l’acquisition des connaissances et non sur la « culture du résultat »afin que les nouvelles générations aient le goût du risque, la capacité d’en prendre, et l’envie d’expérimenter les créations intellectuelles, artistiques ou culturelles.
  • Remettre l’humain au centre des programmes éducatifs. Organiser les journées scolaires avec des pauses où l’enfant pourrait enfin s’adonner à l’Art de ne rien faire, c’est à dire «buller », se déconnecter ainsi de toutes les sollicitations extérieures et découvrir, un potentiel créatif en lui-même.
  • L’État ayant fixé comme mission première à l’école de faire partager aux élèves les valeurs de la République et de la laïcité, il faut par conséquent remettre les arts et la culture au cœur de ces valeurs républicaines.

Il va de soi, que la formation des enseignants et des animateurs est à cet égard primordiale, en raison de leur rôle de transmission et d’éveil à la curiosité ainsi qu’à l’esprit critique permettant le débat.
La présence et le regard d’artistes sur le processus éducatif nous semble indispensable.

Nous entendons là précisément souligner l’importance d’un enseignement qui ne vise pas directement et seulement un savoir, ni la formation d’un goût, mais l’expérience de la pratique individuelle ou collective, qui initie au processus artistique13. Laissons à la création la place de s’exprimer, et à l’œuvre d’art le temps de s’affirmer.

VI.3 La culture comme moteur, mais comme moteur de développement durable

Nous avons vu qu’une culture peut exister sans civilisation alors qu’une civilisation ne peut exister sans la culture, de même les arts peuvent se développer librement en dehors de schémas culturels préétablis, mais par contre la culture ne peut se construire sans les arts et les artistes.
La culture ayant les arts et la création pour fondements, nous devons souligner le potentiel que représente la culture comme moteur et catalyseur de développement durable.
On comprend aisément aussi que les arts et par conséquent la culture, ne pourront être et devenir les moteurs des civilisations qu’à condition qu’ils soient partagés par le plus grand nombre.
Les membres de la société utilisent la culture pour mieux appréhender le monde et les autres.
Depuis la conférence des Nations Unies en 1992, trois piliers d’un développement qui se veut durable ont été identifiés :

  • L’économique
  • Le social
  • L’environnemental

C’était sans compter un quatrième pilier14 pourtant moteur du développement durable qui doit aujourd’hui être pris en considération : la culture.
Durant ces dix dernières années, des statistiques, des indicateurs et des données relatifs au secteur culturel ont mis en évidence que la culture pouvait être un puissant moteur pour le développement via des impacts sociaux, économiques et environnementaux à l’échelle d’une région et d’un pays par :

  • La contribution du secteur culturel à l’économie et à la réduction de la pauvreté. Le patrimoine culturel (les sites sacrés par exemple) le tourisme culturel durable15 qui repose sur des biens culturels matériels et immatériels, représente 40% des recettes du tourisme mondial.Les infrastructures culturelles peuvent servir d’outils stratégiques permettant de produire des revenus, en particulier dans les pays en développement souvent en raison de leur riche patrimoine culturel et de leur importante main-d’œuvre.

Le développement conduit par la culture comprend également une variété d’avantages non monétaires. Ceci peut se traduire par une plus grande insertion sociale et un meilleur enracinement, une meilleure résilience, adaptabilité, innovation et un meilleur esprit d’entreprise chez les individus et dans les communautés issues de l’immigration, ainsi que par l’utilisation de ressources locales, des compétences et des connaissances. Respecter et soutenir les expressions culturelles contribue à renforcer le capital social d’une communauté en favorisant son intégration et la confiance dans les institutions publiques.
Les facteurs culturels influent également sur les modes de vie, les comportements individuels, les modes de consommation, les valeurs liées à notre interaction et à la gestion de l’environnement.

VI.4-1 La culture comme catalyseur du développement durable

Les approches basées sur la culture ont concrètement démontré qu’il était possible de traiter la pauvreté à la fois sous l’angle économique et sous l’angle des droits de l’homme tout en fournissant des solutions aux problèmes complexes de développement d’une manière novatrice. En effet, la culture a un pouvoir de transformation des méthodes existantes de développement, contribuant ainsi à élargir les termes du débat actuel et à rendre le développement plus adapté aux besoins de la population.

Les interventions, qui tiennent compte du contexte culturel, des particularités d’un lieu, d’un territoire promeuvent une approche du développement centrée sur l’humain et sont ainsi plus efficaces, car susceptibles de produire des résultats durables, complets et équitables. De fait, le développement économique conduit par la culture doit tenir compte de la protection des biens culturels (matériels et/ou immatériels) souvent fragiles qui constituent un capital unique non renouvelable.

VI.4-2 Le potentiel de la culture pour les années à venir

A l’échelon national, la mise en place du « Pass culture », nouveau service public universel de la culture va être prochainement expérimenté en France et sera une application géo-localisée pour téléphones mobiles, créditée de cinq cents euros par l’État en direction des jeunes de 18 ans. Belle initiative dans son principe, mais qui aurait dû s’adresser, sans doute sous une autre forme, à une classe d’âge beaucoup plus jeune, pour qui la rencontre de l’art est formatrice et déclencheur de vocations, alors qu’à 18 ans le jeune adulte risque de se transformer en simple consommateur de produits culturels à même d’alimenter et d’enrichir un peu plus l’industrie culturelle.

La civilisation numérique est en marche et nul ne peut la circonscrire tandis que de façon simultanée, il est nécessaire d’encourager l’art et la culture, avec ou sans l’outil numérique qui autorise une approche novatrice de la création et de l’art ainsi que de nouvelles techniques artistiques déjà au service du patrimoine de l’Humanité.
Au-delà de nos frontières, l’échec de programmes de développement qui se voulaient bienveillants pour certains pays dits « sous-développés » ou « en voie de développement », ont révélé l’insuffisance des politiques universelles et des approches de développement qui ne tenaient pas compte du contexte culturel. L’intégration de la culture dans les stratégies et politiques de développement durable doit faire progresser une approche globale centrée sur l’humain, en plus de servir de ressource socio-économique puissante.

VII.1 Quelques propositions de mesures prioritaires

  • Inscrire la culture comme priorité des politiques publiques (éducation artistique,transmission des savoirs traditionnels, promotion du dialogue interculturel
  • Organiser de Nouveaux États Généraux de la Culture et proclamer une nouvelle déclaration des droits de la culture
  • Ajouter un article dans notre constitution pour souligner que les arts et la culture sont un droit pour tous
  • Refonder la journée internationale (21 mai) dédiée à la culture pour promouvoir non seulement la culture et les arts comme expression, mais aussi comme objet de recherche scientifique et universitaire pluridisciplinaires
  • Consulter prioritairement les artistes eux-mêmes pour tout ce qui concerne les politiques culturelles et l’éducation à la culture et à la pratique de l’art
  • Prévoir une législation plus simple en matière de création artistique, ainsi qu’une revalorisation du statut d’intermittents
  • Veiller à la place et à la sécurité financière et physique des artistes dans nos sociétés.Diffuser leurs œuvres et actions
  • Développer, renforcer une politique culturelle de l’État et des collectivités territoriales au travers de leurs budgets et encourager plus avant le mécénat privé
  • Donner aux artistes (comme aux chercheurs) la possibilité de travailler dans et avec le temps, pour que leurs projets puissent éclore, car créer c’est non seulement oser et prendre des risques, mais c’est également remettre sans cesse l’ouvrage sur le métier(faire et défaire, faire et refaire…)
  • Assurer la protection des droits d’auteurs et des droits associés aux artistes (notamment en les protégeant de l’emprise des GAFAM16 )
  • Installer dans tous les quartiers dits « difficiles » ou à population « mixte » des EAC (Éducation Artistiques et culturelle) et tout ce qui permet, grâce à la culture, de
  • recoudre un tissu urbain en souffrance
  • Recenser des informations plus précises sur la contribution du secteur culturel au développement économique et à la réduction de la pauvreté
  • Décloisonner les initiatives entre institutions et citoyens et développer des politiques culturelles et éducatives transversales
  • Créer dans le droit international, un chef de “crime contre le patrimoine culturel de l’humanité” assorti des moyens coercitifs appropriés pour le faire appliquer
  • Intégrer les arts et les cultures dans la conception, la mesure et la pratique du développement en vue de promouvoir un développement culturel et artistique inclusif, équitable et durable en France, en Europe et au-delà de nos frontières
  • Développer de véritables sanctuaires (musées, fondations…) permettant de protéger les œuvres artistiques et expressions culturelles menacées, afin de les rendre juridiquement inaliénables
  • Soutenir la revitalisation urbaine, péri-urbaine et celle des territoires ruraux basés sur la culture et la création comme de puissants sous-secteurs économiques qui créent des emplois décents, stimulent le développement local et favorisent l’esprit d’entreprise
  • Capitaliser sur les savoir-faire locaux restés trop souvent oubliés du paysage artistique et artisanal d’aujourd’hui en les réactivant et surtout en les adaptant aux besoins contemporains en particulier dans des projets d’environnement durable
  • Favoriser des synergies entre les pratiques environnementales traditionnelles et les nouvelles technologies
  • Créer des pôles de concertation des structures d’éducation populaire afin de mailler davantage le territoire
  • Utiliser le potentiel des arts afin de développer l’esprit d’entreprise et la cohésion sociale,en particulier chez les jeunes de tous pays et plus particulièrement pour ceux en situation de post-conflit et post-catastrophe.

VII.2 En matière d’éducation

En complément des propositions énumérées plus haut (chapitre VI-2) sur le développement de l’enfant qui ne doit pas être uniquement cognitif, mais aussi artistique, il faut :

  • Susciter le gout d’apprendre en misant sur la coopération plutôt que la compétition
  • Encourager le questionnement puis amener celui-ci à être méthodologique
  • Installer la pratique artistique en classe, du primaire à la terminale avec valeur de “matière principale”
  • Rendre autonomes les équipes d’enseignement et encourager leur formation continue
  • Travailler sur des projets scolaires faisant appel à l’interdisciplinarité
  • Faire faire l’apprentissage de la musique dès les plus petites classes
  • Systématiser la visite des musées dès l’école primaire
  • Entrainer à la liberté de penser, à la rhétorique, à la critique et ainsi donner à l’enfant la chance de se sentir créateur de ce qu’il peut devenir
  • Soutenir les associations et institutions culturelles publiques ou privées tournées vers des pratiques artistiques contemporaines et les rendre obligatoires pour chaque collège : développement d’un réseau à pérenniser, en s’appuyant sur les richesses locales et les artistes contemporains17

 

EN CONCLUSION

L’héritage culturel est un moteur des civilisations, mais à lui seul, il ne suffit pas : La culture d’une société doit sans cesse entretenir un lien fort avec les questions et les défis contemporains et donc prioritairement avec les artistes qui s’en emparent. Les arts, la culture, et la création ne se limitent pas à façonner des êtres sociaux, ils invitent chacun, parmi et avec les autres, à se développer, à nourrir sa vie spirituelle, à participer à un devenir commun.
Les francs-maçons du DROIT HUMAIN, hors du temple sont des acteurs impliqués, parties prenantes aux différents niveaux exposés précédemment. Ils ont à cœur de créer et encourager tout ce qui peut ré-enchanter la vie des femmes et des hommes et cela dans un monde où doit progresser la liberté, l’égalité et la fraternité. Tout comme nos fondateurs et prédécesseurs, nous avons foi dans l’Humain et dans ses capacités de résistance et de résilience.
Une véritable politique culturelle se doit de corriger les effets des injustices sociales, de combattre le communautarisme et de contre balancer la toute-puissance des industries culturelles, des médias et des excès du marché de l’art.
Les sensibilités artistiques et les émotions, lorsqu’elles sont partagées deviennent des facteurs qui favorisent la cohésion sociale et enrichissent la pensée symbolique des groupes humains. L’art sous toutes ses formes est ce qui aide à trouver un sens à sa vie, à rester libre et à en témoigner. Pour que les traditions culturelles restent vivantes, il est nécessaire qu’elles se régénèrent et se repensent sans cesse. Chacun de nous a la possibilité aujourd’hui d’être acteur du devenir culturel qu’il souhaite, et d’apporter sa pierre à la civilisation dans laquelle il évolue. Nous portons en nous les germes des civilisations passées et nous contribuerons par la force des individualités rassemblées, à construire celles de demain. Conforter dans cet ordre : les arts, la culture et une forme pertinente de créativité comme moteur des civilisations, c’est élever les femmes et les hommes à un degré de conscience supérieure de leur présence au monde.

Nous sommes bien en ce début de XXIème siècle aux prémices de l’ère numérique qui, au lieu de réduire, doit potentiellement venir augmenter de nouvelles civilisations inédites dirigées inexorablement vers un futur qui nous est inconnu. Mais n’était-ce pas le cas des femmes et des hommes des siècles passés qui nous ont précédés sur le continuum de l’histoire de l’Humanité ?
Tout comme, comme Octavio Paz18, nous sommes persuadés du fait que « Toute culture naît du mélange, de la rencontre, des chocs. A l’inverse, c’est de l’isolement que meurent les civilisations. » Face aux communautarismes, aux replis identitaires, les arts et la culture restent plus que jamais de véritables marqueurs de sociétés, ils doivent être valorisés avec plus de discernement et surtout d’engagement de la part de nos pouvoirs publics, car ils ont vocation à nous rappeler que nous faisons partie d’une communauté qui s’appelle l’Humanité et qui se doit de cheminer vers un idéal universel afin de rester libre, solidaire et fraternelle.

Notes

1- La philosophie considère comme culture tout ce qui est différent de la nature, c’est à dire ce qui est de l’ordre de l’acquis et non de l’inné. La culture correspond au développement de certaines facultés de l’esprit par des exercices appropriés et par extension, l’ensemble des connaissances acquises qui permettent à l’esprit de développer son sens critique, son goût, son jugement, regroupant ainsi : Connaissance, éducation, érudition, formation, instruction, savoir, science. Par extension encore, culture est parfois synonyme de Civilisation, lorsque l’on parle de la Culture gréco-latine, de culture orientale, ou occidentale.
2- Voir la déclaration de Mexico sur les politiques culturelles, Conférence mondiale sur les politiques culturelles Mexico City, 26 juillet – 6 août 1982
3- Voir, Les droits culturels, Déclaration de Fribourg, ainsi que l’Institut interdisciplinaire d’éthique et droits de l’homme à l’Université de Fribourg. www.unifr.ch/iiedh
4- Dans son sens le plus large, la culture peut aujourd’hui être considérée comme l’ensemble des traits distinctifs, spirituels et matériels, intellectuels et affectifs, qui caractérisent une société ou un groupe social. Elle englobe, outre les arts et les lettres, les modes de vie, les droits fondamentaux de l’être humain, les systèmes de valeurs, les traditions et les croyances, (…) Déclaration de l’U N E S C O : Introduction à la Déclaration de Mexico sur les politiques culturelles. Mexico City, 26 juillet – 6 août 1982
5- Les droits culturels, Déclaration de Fribourg, page 3 et 4. (5) Considérant la nécessité de prendre en compte la dimension culturelle de l’ensemble des droits de l’homme actuellement reconnus ; (6) Estimant que le respect de la diversité et des droits culturels est un facteur déterminant pour la légitimité et la cohérence du développement durable fondé sur l’indivisibilité des droits de l’homme ; (7) Constatant que les droits culturels ont été revendiqués principalement dans le contexte des droits des minorités et des peuples autochtones et qu’il est essentiel de les garantir de façon universelle et notamment pour les plus démunis ; (8) Considérant qu’une clarification de la place des droits culturels au sein du système des droits de l’homme, ainsi qu’une meilleure compréhension de leur nature et des conséquences de leurs violations, sont le meilleur moyen d’empêcher qu’ils soient utilisés en faveur d’un relativisme culturel, ou qu’ils soient prétextes à dresser des communautés, ou des peuples, les uns contre les autres ; (9) Estimant que les droits culturels, tels qu’énoncés dans la présente Déclaration, sont actuellement reconnus de façon dispersée dans un grand nombre d’instruments relatifs aux droits de l’homme, et qu’il importe de les rassembler pour en assurer la visibilité et la cohérence et en favoriser l’effectivité.
6- Par industries culturelles, il faut entendre : livre, musique, cinéma, télévision, radio, jeux vidéo, tourisme culturel représentent l’un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide du monde avec un taux de croissance de 17,6 % au Moyen-Orient, 13,9% en Afrique, 11,9% en Amérique du Sud, 9,7% en Asie, 6,9% en Océanie et 4,3% en Amérique du Nord et en Amérique centrale.
7- En sociologie contemporaine, en anthropologie et dans les études culturelles (Cutural Studies), une sous-culture — ou « subculture », terme anglais plus positif est une culture (revendiquée, cachée, souterraine) partagée par un groupe d’individus, se différenciant ainsi des cultures plus larges (dites « main stream »).
8- Ce terme de « hacker » est à entendre dans sa connotation positive de « quelqu’un qui hack », ou « construit un hack ». Le terme apparaît en 1959 dans le jargon du Tech Model Railroad Club, une association d’étudiants du Massachusetts Institute of Technology. En 1996, la Request for comments 1983 définit un hacker comme une personne qui se délecte de la compréhension approfondie du fonctionnement interne d’un système, en particulier des ordinateurs et réseaux informatiques. Cette dernière définition fait écho à celle utilisée depuis les années 1950 par les radio-amateurs pour qui le hacking est un bricolage créatif visant à améliorer le fonctionnement d’un système.
9- L’Internationale situationniste (IS) était une organisation révolutionnaire désireuse d’en finir avec le malheur historique, avec la société de classes et la dictature de la marchandise, se situant dans la filiation de différents courants apparus au début du XXe siècle, notamment de la pensée marxiste d’Anton Pannekoek et de Rosa Luxemburg, du communisme de conseils, ainsi que du groupe Socialisme ou barbarie (Claude Lefort, Cornelius Castoriadis notamment) dans les années 1950. En ce sens, elle pourrait être apparentée à un groupe d’ultra-gauche. Mais elle représentait à ses débuts l’expression d’une volonté de dépassement des tentatives révolutionnaires des avant-gardes artistiques de la première moitié du XXe siècle : le dadaïsme, le surréalisme et le lettrisme.
10- Victor Hugo In Post-scrip. de ma vie, utilité du Beau.
11- Paul Valery, La Crise de l’esprit, Première lettre, NRF, 1919 (Tome XIII, p. 321-337).
12- Joseph Heinrich Beuys, né à Krefeld, sur la rive gauche du Rhin inférieur, le 12 mai 1921 et mort le 23 janvier 1986 à Düsseldorf, est un artiste allemand qui a produit nombre de dessins, de sculptures, de performances, fluxus, happening de vidéos, d’installations et de théories, dans un ensemble artistique très engagé politiquement. Dans son oeuvre, à la fois symbolique et autobiographique, Beuys s’inspire directement des épisodes de sa vie. Il invente une oeuvre d’art total qui inclue sa vie, son travail et sa place d’homme dans la société.
13- Voir : Enseigner l’art et le design. Enseigner la création par la création. Eduquer par l’art in Demain l’Ecole d’art. Actes des assises nationales des écoles supérieures d’art. Edit. Les presses du réel. 2016
14- L’exemple africain du Cameroun et plus particulièrement celui du village de Bafou est particulièrement intéressant à observer dans son approche singulière de la culture comme moteur de développement durable. Voir : la synthèse proposée par Pr Tsalefac Maurice, à l’occasion de la célébration du 5e anniversaire de Bafou.org le 10 Mai 2014.
15- Le secteur du tourisme et du tourisme culturel est désormais l’un des secteurs économiques à la croissance la plus rapide du monde. Au niveau international, les recettes globales brutes annuelles du tourisme ont augmenté de 7% entre 1998 et 2008, et de 12% pour les pays les moins avancés durant la même période.
16- GAFAM est l’acronyme des géants du Web, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft qui sont les cinq grandes firmes américaines qui dominent le marché du numérique.
17- Voir entre autres, le programme expérimental en PACA des « Nouveaux collectionneurs » Action mise en oeuvre par le Bureau des compétences et désirs, soutenue par le Conseil Départemental des Bouches-du-Rhône, la Direction des services départementaux de l’Education nationale des Bouches-du-Rhône, le Ministère de la Culture et de la Communication – DRAC PACA, Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture. http://nouveauxcollectionneurs.org/nouveaux_collectionneurs/nouveauxcollectionneurs.html
18- Octavio Paz, poète et essayiste mexicain, né le 31 mars 1914 à Mexico et mort le 19 avril 1998 dans la même ville, est un poète, essayiste et diplomate mexicain, lauréat du prix Nobel de littérature en 1990. Surtout connu pour ses poèmes, ses essais d’inspirations très diverses puis pour son engagement antifasciste.

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