L’utopie peut-elle être encore un moteur ?

« Des utopies d’ hier sont parfois devenues des réalités d’aujourd’hui (abolition de l’esclavage, droits civiques, avortement, abolition de la peine de mort…). L’Utopie peut- elle encore être un moteur ? »

Synthèse de la Question sociale 2014

En préambule,

L’interrogation «  L’utopie peut- elle encore être un moteur ? » prend appui sur l’exemple d’utopies passées, devenues parfois réalité. La formulation de la question ainsi posée a suscité des réactions :

– Les vocables ” parfois“, ” encore“, ” moteur” sont- ils appropriés à celui d’Utopie?

– le concept, même, considéré plus, comme philosophique que social, a- t- il  été inspiré par ce que certains ont appelé ” la fin des idéologies” et d’autres ” le désenchantement du monde“?

– Faudrait- il, d’ ailleurs, supposer que l’utopie ne puisse plus être un moteur ? En effet, si les termes de l’énoncé laissent à penser que l’utopie a été un moteur par le passé, ils  semblent exprimer une incertitude sur son existence, son utilité voire son efficacité dans notre monde moderne. Les conditions à l’apparition d’utopies ne seraient plus valables aujourd’hui. Plus encore : ce mode de pensée serait totalement dépassé ou archaïque. Enfin, l’utopie serait- elle moribonde, sur le point de s’éteindre ?

Introduisant une opposition entre un passé mythique, un paradis perdu et un présent, dont les contemporains seraient  désabusés, l’amélioration de l’Humanité paraîtrait, elle aussi, hypothétique.

Il a semblé alors nécessaire à l’ensemble des 13 régions de la Fédération française de définir l’Utopie, la transcrire dans un contexte historique avant de répondre à l’interrogation selon les trois points suivants :

I- Les principes d’une utopie.

II- L’utopie est à l’initiative des mutations.

III- L’utopie est encore un moteur : un devoir d’Espérance.

Quel que soit l’archétype qu’il a choisi, l’Homme construit pour déconstruire et reconstruire. Expression de son doute,  son projet ne peut- être que celui d’une  attente, d’une invitation à vouloir et réaliser le meilleur ici- bas: son Humanisation. Un pas de côté dans le linéaire de notre temps, une volonté de rupture dans une proposition de progrès pour toute l’Humanité nourrie de l’insatisfaction du Présent.

L’utopie nait à partir d’une conscience – de la mise en relief des inégalités, des dysfonctionnements inacceptables de la société – et  d’une résistance du rejet de la misère, de la souffrance et de l’injustice. Elle a besoin, pour exister de désirs de changements, de réformes, se nourrissant alors du rêve et de l’imaginaire des Hommes et d’une réflexion critique de la réalité pour tenter de la dépasser. Elle reste la préoccupation d’esprits éclairés, philosophes, syndicalistes, politiques, scientifiques… et aussi des artistes.

L’utopie envisage un bouleversement de l’ordre établi. Elle est la maturation progressive et vigilante d’une Future société idéale. Elle vise à rassembler sur des valeurs de paix, de liberté, d’équilibre…de Bonheur à atteindre.

L’Histoire de l’Humanité est traversée par les utopies.

Après les philosophes de l’antiquité, de nombreuses utopies ont été évoquées par les écrivains, qui  sous forme de fantaisies littéraires ont jugé leur époque. Imaginé par Thomas Moore, le terme désigne  à l’origine la nostalgie d’un pays qu’on ignore. A la différence de l’Atlantide de Platon, l’île de l’humaniste anglais se veut une Eutopie- utopie positive- un reflet de la conscience du miroir, une réponse à la folie de la convoitise.

Au cours du XVIII° siècle, l’absolutisme dominant qui empêche la libre expression va favoriser l’essor d’idées utopistes. 1789 marque ainsi le début d’une période euphorique de transgressions, d’avancées  sociales comme de régressions.

C’est dès le début du 19ème siècle qu’un grand nombre d’œuvres vont évoquer un monde merveilleux à venir. Ce sont des utopies politiques qualifiées d’utopies socialistes. En décrivant d’ abord les  misères de la société, elles «  ouvrent l’avenir sur un monde d’égalité et de fraternité ».Pour le Russe Mikhaël Bakounine (1814- 1876), l’Education allait permettre dès le début du  20ème siècle  de séparer la théologie et l’Etat. Il estimait que la liberté est une conquête collective qui va de pair avec celle de l’égalité économique, politique et sociale.

Ce siècle est aussi celui de la confiance au progrès et en la volonté populaire. La synchronisation des rythmes de travail et de vie, la production toujours plus industrialisée, des technologies de plus en plus modernes devaient réaliser le vieux rêve du travail heureux.
En définitive, la position que l’on adopte sur l’utopie dépend de l’idée que l’on se fait du pouvoir qu’a le genre humain d’influer sur son avenir

  1. Les principes de l’utopie.

Par-delà la définition, la notion de l’Utopie, entrée dans le sens commun, a valeur d’hérésie quand il s’agit de l’idée, prêtant bien souvent au comique, à la raillerie, à la dérision même sans aucune chance jamais  de devenir  la réalité de demain. C’est justement là toute sa force. Moins l’utopie semble réalisable, l’opposition forte, plus le levier est puissant. Donnant naissance à l’humilité, le travail est sans fin. Un constat qui n’est ni pose mondaine, ni refus d’exercer son libre- arbitre, mais qui mesure l’écart entre Réel et Imaginaire et donne à prendre conscience de l’accessible. Donner l’utopie irréalisable, c’est la vider de sa quintessence.

En fait, L’Homme en panne d’utopies  est- t- il encore lui- même un moteur ? Sans elles, ne renonce-t-il pas pour une part à sa propre liberté ?

L’utopie, elle, se révèle dans l’engagement et la responsabilité.

  • Elle affronte le pessimisme et la fatalité.

L’ambition qu’à l’Homme d’améliorer son sort est la résultante de ses vertus et de ses travers. Elle se manifeste dans la générosité, le courage, l’enthousiasme, l’exigence mais aussi l’ignorance, l’irresponsabilité, l’imprudence ou la vanité. S’il est vrai qu’il est dans sa nature de produire des idées fantaisistes, habitées par l’ambition du rêve, celui- ci peut, quand il s’agit de l’Humanité, être germe de l’éveil des consciences. L’utopie s’oppose, victorieuse, à l’immobilisme fondé sur la peur du changement, la résignation, la soumission dans un climat de crise et d’impression commune que l’avenir nous échappe.
Quand il est corrompu par l’individualisme, le combat pour les libertés devient l’équation du  laisser- faire,  du désintérêt, de l’indifférence, au nom de la neutralité ou d’une prétendue non- ingérence. C’est tout l’enjeu d’une conception du monde plus solidaire et plus éthique, à l’ origine d’un perfectionnement personnel pour la transformation collective : porter le vivant et la foi en l’Homme au centre de la réflexion. L’utopie  déclare sa décision de l’engagement vers une prochaine  modification des sociétés, vecteur citoyen de renouveau. S’élevant contre les préjugés et les  idées reçues, elle participe à la mise en route de l’  Homme responsable de l’Autre autant que de lui- même. Une promesse de philosophie vers un projet de civilisation.

Alors, quand on a la chance de vivre dans une démocratie où la liberté de penser et de penser autrement, est institutionnelle, pourquoi ne pas y puiser des idées, des projets susceptibles d’ébranler des concitoyens, de les émouvoir, les émerveiller et jusqu’ à la folie, s’il s’agit du meilleur, pour les tenter et provoquer l’adhésion? L’Utopie permet à l’Humanité de ne pas s’accommoder de ce qu’elle est mais de vivre en se projetant vers plus de Liberté, plus d’Egalité, plus de Fraternité. Plus poignante, encore et plus loin, elle est ” la Vérité de demain, si chère à Victor Hugo, l’avenir qui s’efforce de naître“.

  • Elle choisit l’option du progrès.

Résolution inexorable que celle de remettre l’Humain au centre de nos préoccupations. Résolution d’espoir infaillible. Mais sommes-nous ces êtres porteurs de valeurs qui nous poussent à entreprendre ?

On admettra à la définition du progrès : la transformation graduelle du moins bien vers le  mieux, même si ce complément semble relatif  et aléatoire de l’opinion de celui qui définit. Certains se représentent le progrès comme indépendant de l’effort humain, réduit souvent à ses aspects les plus matériels et mécaniques.  On peut aussi considérer et rejoindre ainsi Oscar Wilde, que conditionné à l’Homme, « le progrès n’est que l’accomplissement des utopies ».

Chaque jour, la consigne est d’être encore plus efficace, compétitif, réaliste alors que cette course aveugle, éperdue nous mène à l’abîme. Désormais, le résultat compte bien plus que l’effort. Pourquoi ne pas apprendre à oser dire « Non » à la médiocrité, apprendre à ne pas se laisser enliser dans le règne de l’urgence et paralyser dans la gangue d’un monde profondément matérialiste ? Les rivages de l’île de l’utopie s’accostent peut-être avec les yeux de l’esprit, certes, le regard de l’altérité sans aucun doute. Au pouvoir de l’hypothèse” égoïste”,  le progrès propose une “Loi de rassemblement” par le partage des idées, l’apprentissage et l’écoute de l’Autre, la confiance mutuelle.  L’avenir appartient à des intelligences ouvertes, dégagées des contingences de la matérialité. Ainsi, les laboratoires d’idées, les universités du savoir, les lieux de conférences, les séminaires de réflexion…tous ces foyers de recherche permettent à des femmes et à des hommes de bonne volonté d’échanger sur les grands problèmes humains afin de faire émerger des solutions ou réflexions innovantes. Ne serait- ce pas là l’avènement  de lendemains prometteurs et non subis ?

Et cependant, il ne saurait être question, quand il s’agit de progrès, de taire l’observation du monde qui permet de mesurer la fragilité des acquis sociaux, politiques, médicaux…autres encore. Il est essentiel de ne pas passer à côté des égarements et des barbaries pour une part inédites du XXème siècle. Respectueuse de l’intégrité, l’utopie ne saurait accepter la condescendance.

Il en est ainsi de l’aspect totalitaire, dogmatique et dangereux par la duperie et l’illusion qui peut aboutir à l’enfer d’une déshumanisation. Les utopies négatives d’ hier et d’aujourd’hui en sont la preuve. Elles deviennent défiance devant de si grands espoirs de progrès scientifiques comme la conquête de l’espace, l’avancée tellement rapide des nanotechnologies ou l’apothéose de la robotique, face à des technologies du cauchemar ayant parfois comme objectif limite la modification de l’Homme ou des tentatives de manipulation génétique pour produire un sur- homme immortel. Ces gouvernes ne peuvent conduire qu’à des dérives nocives ou suicidaires et vouées à l’échec.

Elles sont encore des projections politiques radicalisant un idéal discriminant, intolérant et déterminées par des hommes avides de puissance ou habités par la haine de l’Autre (on n’oubliera pas l’idée d’une race supérieure, de la tragédie des génocides quels qu’ils soient, d’un collectivisme outrancier). Des contre- utopies pernicieuses, régressives qui ne présentent pas  une validité vers la générosité ou ne répondent pas aux enjeux d’aujourd’hui. Des droits, encore, sont remis en question dans des lieux où ils semblaient acquis à jamais. Il en est  des égalités bafouées (avortement, modèles éducatifs pour tous, des égalités homme/femme), des libertés et de certains droits civiques méprisés (différentes formes d’esclavage, dérives sectaires). En France, de grandes réformes sociétales, devenues quasi naturelles et partagées sont désormais rediscutées et affaiblies ?

Nos sociétés qui se veulent pragmatiques, pour qui le rêve est une perte de temps et donc d’énergie voire d’argent n’ont- elles pas tendance à réduire les libertés au profit d’une uniformisation? Alors que “vouloir un bonheur uniformisé conduit, nous prédit Huxley, à la perte de ce bonheur“. L’utopie devient en effet dangereuse lorsqu’ elle considère que l’humanité est malléable à l’ infini et surtout qu’elle pourrait se construire en dehors de ses grands principes et de ses valeurs universelles. L’envie de possession, le pouvoir de la finance- reine, les lobbyings dont les systèmes de valeurs glorifieraient l’émergence de ” la loi du plus fort et du plus riche”, la violence, la corruption et jusqu’ au principe de précaution parfois, empêchent l’homme d’aller au bout de ses idéaux ou les asservissent à des ambitions personnelles. L’aspiration commune, alors chimère, apparaîtrait définitivement mise hors de portée en une fuite des réalités des évolutions religieuses, sociales, culturelles ou géopolitique. Ce serait une esquive à toute réflexion sur des problèmes fondamentaux d’éthique, de justice et d’égalité et une  dénégation décidée de la fonction originelle de l’Utopie qui est d’élargir le champ des possibles.

L’utopie, elle, suggère ” l’amélioration matérielle et morale de la société“, sans hiérarchie ni sélection, de façon cohérente et concrète dans la perspective d’un bonheur partagé et individuel. Elle se doit aboutir à un mieux vivre ensemble. Elle contient en elle, la possibilité de sa réalisation dans l’intérêt de La communauté civile, entière et non d’une communauté dans la société.

II- L’utopie est à l’initiative des mutations.

  • Axes et Ambitions

Poser l’utopie comme moteur, c’est aussi en chercher les objectifs. Celui qui espère rectifier se recommande des principes et des valeurs de l’humanisme. La Liberté, l’Egalité, la Fraternité font d’ abord le choix inaliénable de la dignité, condition première au refus de l’intolérable en tout lieu et  en tout temps, quelle qu’en soit la situation et la personne.

La confrontation dans la controverse, socle de la dimension prospective définit l’exigence. Elle permet non seulement l’anticipation des projets encore irréalisés mais aussi le Génie ouvert au débat, l’analyse, le développement parce qu’elle sait  que rien n’est jamais définitivement acquis. Mais elle sait aussi que de belles utopies sont devenues réalités et ont abouti à des progrès techniques, médicaux, sociaux, politiques même si tous les pays n’avancent pas à la même vitesse (l’apartheid, la peine de mort…). L’obstination séculaire des femmes leur a fait gagner peu à peu du terrain sur les lois et libertés en faveur du vote ou l’avortement. La Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen a été le phare de l’Occident au 18ème siècle avec l’abolition de l’esclavage et la considération égalitaire de tous les hommes. Il faudra, il est vrai,  bien plus de temps encore pour voir poindre une application planétaire de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, texte ô combien essentiel par la fédération de son message.

  • Conditions et moyens.

Les hommes ont- ils cependant encore les moyens de fabriquer du rêve collectif qui semble avoir disparu? Cette interrogation et ce constat, tout comme les échecs rencontrés, obligent à se pencher sur les conditions nécessaires aux utopies et sur les moyens de les mettre en œuvre dans la conception du bouleversement qu’il  faudra admettre.

Une première condition est de croire en la perfectibilité de l’Homme et sa propension à l’élévation des consciences par sa capacité à se remettre régulièrement en question et de douter. Il sera  nécessaire d’apprendre aussi à modifier notre regard sur le monde pour avoir la volonté de le changer : refuser l’indifférence, le narcissisme, la pensée unique et le conditionnement des esprits grâce aux nouveaux médias, par exemple, en favorisant les logiques d’ouverture et de communication. La laïcité, en veilleur des dérives,  serait d’ ailleurs, à ce titre, le cadre le plus propice.

L’utopie étant en opposition avec l’ordre social existant ou avec les idées dominantes, une autre condition  est celle de rester en alerte. Réapprendre, alors, l’esprit critique et en faire l’un des piliers de l’Education, formidable creuset de l’acquisition des valeurs à portée collective et d’émergence d’intelligences fédératrices.

Prôner l’empathie, la créativité,  l’inventivité. Il  ne s’agit pas de futilités vaines et puériles… Elles collaborent grandement  à l’évolution des mentalités aussi diverses et différentes soient-elles.

Remplacer la notion de compétition par celles de coopération, de solidarité, avec cette idée que la Fraternité doit aider à combattre nos peurs. Elle offre le dessein fabuleux de la bienveillance et de l’altruisme dans une société qui tend à se replier sur elle- même.

Ne pas oublier la notion du temps dans sa durée. Si l’utopie a ce caractère de permanence renouvelée, son expression réside sur le long terme et la persévérance. La mise en place d’un idéal solide est un processus lent. Certaines utopies d’autrefois ne sont toujours pas réalisées : accès à un logement décent, aux soins, l’éradication de la faim, le droit de mourir dans la dignité…et tant encore. Il est bien probable, d’ ailleurs, que ceux qui travaillent aujourd’hui au progrès de l’Humanité ne verront pas l’accomplissement de leur œuvre.

  1. L’utopie est encore un moteur parce qu’un devoir d’espérance.

L’ Humanité n’ est pas composée que  de logique économique même s’ il semble parfois que la seule  vision d’ un monde imaginaire que l’ on s’ autorise,  s’ inscrive autour de  défis d’ ordre technologique ou scientifique. Celle de demain est garante des droits de l’Humanité et des droits de l’homme, eux- mêmes indissociables de son devoir envers les ressources et les espèces de la planète. Les utopies du futur prendront nécessairement en considération l’irréversibilité des processus naturels: changements climatiques, appauvrissement et disparition de certaines ressources, la mondialisation des échanges non plus au service du profit mais bien de l’ entre’ aide  du plus fort vers le plus faible, la notion du développement durable.

Donnant tout son sens à la portée de l’Unité, l’utopie repousse les contingences des mesures de l’immensité en accueillant en son sein l’idée de la transversalité. Elle est le lien, le projet d’épanouissement du singulier au pluriel, de l’individuel au collectif, du local à l’universel. Moteur  puissant et fédérateur, elle insuffle l’énergie si précieuse à l’exécution d’une société harmonieuse que nous laisserons  aux générations à venir. Une promesse de vérité.

Il s’agit de :

  • Orienter la finance au service de l’ Humanité par une réglementation adaptée.

– Encadrer l’influence des lobbies (pharmaceutiques, agro-alimentaires par exemple) au profit du bien commun. Il est indispensable de repenser l’argent comme seul moyen d’échange et non comme une fin en soi par le démantèlement de la corruption jusqu’ à une gestion mondiale de la finance internationale pour mettre fin aux spéculations.

– Aller dans le sens de l’écologie et le partage des richesses existantes comme alternative à la recherche permanente de l’accroissement des plus riches. Réinterroger en ce sens la notion de propriété.

– Instaurer un Revenu Minimum d’Existence Universel.

  • Examiner et peser sur les institutions et le politique

– Exiger l’application des décisions prises par la famille humaine lorsqu’ il s’agit des droits: ceux de l’Enfant d’ abord,  renforçant notre adhésion et notre confiance envers des institutions libres, indépendantes, parfois déjà en place.

– Permettre à des organismes comme des O.N.G. d’ alerter sur les violations à des droits internationaux. Elles  agissent en direction de ceux qui détiennent les clés mais aussi auprès de l’opinion par le biais de la presse, des moyens de communication, de réunions publiques, de rassemblements, de manifestations. Ils interviennent encore dans les structures de l’Etat (Assemblée – Sénat) pour créer les conditions nécessaires à la démocratie.

– Repenser et oser l’initiative et l’innovation dans les réformes du rôle de l’Etat et des grandes institutions tant nationales, qu’européennes et mondiales. Jusqu’ à quel point sont- ils encore au service du citoyen, d’une réconciliation pacifique entre ennemis, des droits des peuples à disposer d’eux-mêmes ou d’une Paix durable et mondiale ?

– Mais c’est surtout l’exercice constant de la citoyenneté à tous les niveaux, par l’exemplarité, qui permettra assurément  de peser sur l’arsenal législatif.

  • Favoriser les avancées environnementales et sociales.

– Affirmer la protection de la planète par l’équilibre écologique, la promotion et la transition des énergies renouvelables, soutenir les actions économiques et solidaires dans un partage équitable des ressources. Donner l’accès généralisé à l’eau, patrimoine commun et inaliénable dont la qualité doit être protégée.

– Etablir l’accès à la culture, à l’éducation et à l’Ecole gratuite pour tous et sous toutes les latitudes. Elles sont les garants des intelligences, de la vigilance, de la transmission.
– Confirmer jusqu’ à la réalisation unanime, l’universalité des droits inhérents à la triade « Liberté, Egalité, Fraternité ». La  reconquête de nos valeurs passe par l’assurance inconditionnelle  de leur existence.

Conclusion.

C’est à la croisée des chemins que se situe l’utopie : celui d’abord  de la volonté consciente et  farouche d’un «  après » décidé et validé de l’expérience et des erreurs du passé et celui de la renaissance de la pensée génératrice de la métamorphose.

Sans ce rêve de futur idéal, peut- être illusion d’un jour, notre civilisation demeurerait passive, médiocre, désenchantée. L’utopie grandit et fait grandir, transcendant sa force par le soutien du cœur des femmes et des hommes qui espèrent et tentent la concrétisation. «  Ils seront nécessaires, dit Stefan Zweig, ceux qui indiquent aux peuples, ce qui les rapproche par- delà  ce qui les divise et qui renouvellent dans le cœur des hommes la croyance en une plus haute humanité ». Mais pour ce faire,  il faudrait, peut- être, d’ abord que les Hommes retrouvent, dans un premier temps,  un peu de Sagesse, qui seule peut prémunir des garde- fous nécessaires. Il faudrait, peut- être, ensuite décider d’œuvrer à la fois ensemble, individuellement et au quotidien, pour améliorer la condition humaine et réinventer une autre Histoire… à la gloire de la Vie.

Réapprendre l’Autre différemment dans son entité, vouloir, prendre le risque, s’indigner pour se révolter et prononcer, en porteurs de défis,  l’efficace « pourquoi pas ?  ». C’est lui qui provoquera l’étincelle de l’émotion qui, sans être une fin en soi, acceptera la mue de sa société pour l’Amour de l’Humanité.  Comment ne pas penser à cette proposition de «  Jours heureux » du Conseil National de la Résistance qui a su inventer, même s’il est actuellement remis en question, notre système social ?

Il n’est point vrai que l’Œuvre de l’Homme est achevée. Si des utopies d’ hier sont parfois devenues des réalités d’aujourd’hui, alors confiants dans les capacités humaines, pourquoi ne pas croire  que les utopies d’aujourd’hui seront certainement les réalités de demain?

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