Institutions et laïcité

INTRODUCTION

« Nous avons, ici, dans notre pays, bien des occasions pour faire entendre notre voix fraternelle, car lorsque les droits les plus élémentaires de l’être humain sont bafoués dans leur patrie de naissance, quand des milices intégristes terrorisent les populations des banlieues, quand la misère gronde à toutes les portes, et pénètre dans nos Temples, quand l’indécence, la vulgarité, l’arrogance, les inégalités et la malhonnêteté sont monnaie courante, quand la culture devient un luxe inaccessible, quand l’obsession sécuritaire et liberticide racole dans les cerveaux reptiliens, les Francs-Maçons du Droit Humain, dans leur engagement personnel dans la cité, mais aussi dans leurs questionnements sociétaux, doivent résister et montrer, par leur action, la force, la beauté et la sagesse du message maçonnique. »

Yvette RAMON Convent 2010

MENACES PESANT SUR LA LAÏCITE DANS LES INSTITUTIONS PUBLIQUES :

Dans la Santé publique

Dans les établissements publics de santé, le personnel est confronté aux patients mais aussi aux associations d’usagers, se comportant comme des groupes de pression politico-religieux.

Si les patients se voient garantir la libre pratique de leur culte et la manifestation de leurs convictions religieuses, des dysfonctionnements apparaissent néanmoins : opposition à des transfusions sanguines (témoins de Jéhovah), refus d’être examiné par du personnel de sexe opposé, couloirs transformés en lieux de prières, personnels soignants portant des signes d’appartenances confessionnelles, restaurants parallèles pour une nourriture respectant les préceptes religieux, mépris des règles sanitaires, conjoint refusant péridurale et/ou césarienne pour l’épouse qui n’a pas son mot à dire, commandos contre l’IVG…

Dans le cadre hospitalier, des pressions s’exercent pour imposer au personnel de s’adapter et de suivre une formation spécifique pour soigner les croyants.

Sous la pression, des maires cèdent aux religieux dans les cantines scolaires : les enfants auront des menus sans viande, ce qui n’est pas sans conséquence sur les enfants défavorisés. Ces faits sont en contradiction avec la Charte de la Laïcité dans les services publics qui énonce entre autres préconisations : « Il appartient aux responsables des services publics de faire respecter l’application du principe de laïcité dans l’enceinte de ces services » ?…

Dans le domaine judiciaire

Magistrat récusé en raison de sa confession supposée, jurés d’assises et fonctionnaires affichant des signes religieux ostentatoires… Heureusement ces cas restent isolés, car le principe de neutralité du service public s’impose aux auxiliaires de justice, et officiers ministériels.

Dans le cadre pénitentiaire se posent des questions plus aiguës si en ce qui concerne le personnel, l’obligation du port de l’uniforme fait frontalement obstacle au port de tout signe distinctif, qu’il soit religieux ou politique, la situation est différente pour les détenus : le principe de liberté religieuse conduit l’administration à proposer des régimes alimentaires adaptés

L’administration doit veiller à ce que le contexte pénitentiaire ne soit pas utilisé à des fins de propagande ou de prosélytisme au détriment des personnes rendues plus vulnérables par leur incarcération. Les embrigadements sont à craindre

Dans l’Armée

Au nom de la tradition, bien souvent les références religieuses et le culte catholique s’imposent à tous. Il y a un décalage entre les discours sur la laïcité et la vie au sein de l’institution militaire : même si rien n’est dit explicitement, le soldat se sent obligé d’être présent aux offices qui précèdent de nombreuses festivités et remises de diplômes : refuser d’aller à la messe c’est prendre le risque de perdre toute considération de ses supérieurs.

L’arrivée des aumôniers musulmans en 2006 rétablit une égalité de traitement dans la pratique des cultes.

Dans l’école publique

Dès l’avènement de la République, la laïcisation de l’école fut une dimension fondamentale de l’action républicaine. Dans l’espace public, le citoyen est dégagé de l’emprise de toute croyance particulière. Historiquement l’Ancien Régime était selon Mirabeau « une agrégation de peuples désunis ».

La République laïque était le seul moyen de former une République de Citoyens libres et égaux, une République qui ne saurait dériver vers une simple démocratie de communautés autonomes qui auraient toutes, des lois différentes et contradictoires.

Actuellement, on voit se développer des écoles privées, homogènes socialement et culturellement, financées à la fois par les finances publiques et par des fonds privés, sélectionnant les élèves dès leur accueil. A côté, l’école publique est financée exclusivement par des fonds publics et accueille tous les enfants sans exclusive ; cette différence de financement et de fonctionnement conduit à accroître les inégalités.

L’édifice de progrès construit par les grandes lois républicaines est mis à mal depuis la Libération par un arsenal de lois anti-laïques, des lois Marie Barangé (1951) à la loi Carle (2009). La laïcité à l’école subit des attaques régulières : l’accord signé en 2008 entre le Saint Siège et le ministère des Affaires Etrangères sur la reconnaissance des diplômes et des grades dans l’enseignement supérieur, reconnaissant ainsi à une autorité religieuse le droit de délivrer des diplômes sur le territoire de la République Française.

La très récente loi Carle qui vise, pour sa part, à « garantir la parité de financement entre les écoles élémentaires publiques et privées sous contrat lorsqu’elles accueillent des élèves scolarisées hors de leur commune de résidence », fait primer l’intérêt particulier sur l’intérêt général et le finance. Le plus grand danger de toutes ces lois, c’est l’attaque des principes laïques. Les « valeurs » développées par les religions ne sont que relatives car aucune religion n’est universelle, ce qui n’est pas le cas de celles que la République garantit et qui s’appliquent à tous. L’école publique, laïque est un lieu éthique en tous points conforme à la devise de la République « liberté, égalité, fraternité » L’instituteur enseigne et ne prêche pas, il y est, selon Charles Péguy « le représentant de l’humanité » Son objet est la formation « de citoyens autonomes, responsables, libérés de l’ignorance, la plus grande des servitudes » selon Condorcet.

L’école véhicule des valeurs qui donnent à l’élève une vision du monde et de l’homme dans laquelle s’inscrivent tous les devoirs et les droits du Citoyen. Pourtant le refus d’apprendre certaines matières, celui d’avaler sa salive, et l’absentéisme pour cause religieuse, déstabilisent nombre d’enseignants !

Au sein de la cité

Dans certaines piscines municipales, tout le monde est convié à sortir de l’eau, pour laisser place aux garçons ici d’une école privée juive, et là aux femmes d’une communauté musulmane. Ces permissions laissent s’instaurer une segmentation des citoyens dans les piscines et clubs de sports. Des piscines et des crèches confessionnelles autorisées par les pouvoirs publics, séparent et instaurent des barrières entre les individus.

Une salle mise à disposition par la ville, pour une association de quartier subventionnée pour le soutien scolaire, se transforme à l’usage unique d’une communauté, et pour l’enseignement coranique.

Nombreuses confusions ou apparentement sont commis entre manifestations officielles et religieuses.

On peut déplorer que soient tolérés les mariages Islamiques avant la cérémonie civile obligatoire, mais aussi les prières dans la rue (Paris, Marseille), et les retransmissions de messes dans les rues par les haut-parleurs depuis l’église.

Les revendications religieuses concernent le respect des rituels mais aussi les relations entre les personnes, cependant elles sont de plus en plus souvent vindicatives.

conclusion

Nous souhaitons que l’Etat remplisse son rôle dans le cadre de l’ordre public : celui de faire appliquer la loi, pour le naturel respect de celle-ci et des citoyens dans une République laïque et sociale et ce pour l’intérêt commun.

Nous souhaitons voir la Charte de la Laïcité affichée et appliquée dans tous les services publics, ainsi que, pour les Etablissements sanitaires la circulaire du 2 février 2005. Nous rappelons que le Ministre des Cultes, n’exerce ses fonctions que dans le cadre du Concordat (Alsace, Moselle, Guyane et Mayotte) La commission Laïcité est en accord avec l’OCL (Observatoire Chrétien Laïcité) qui déclare le 3 mars 2011 : « Il devient de plus en plus impératif que l’Etat (…) se refuse à « reconnaître » quelque culte que ce soit sous aucun prétexte. Il n’a pas vocation à le faire, et nous ne voyons pas quels critères il pourrait se donner pour en décider. » Ainsi, Voltaire qui écrivait à Elie Bertrand le 19 mars 1765 : « Il faut séparer toute espèce de religion de toute espèce de gouvernement », partagerait sans doute ces conclusions

… ESPOIRS

Il existe des responsables et de nombreux citoyens courageux, aux opinions diverses, athées comme croyants, qui, grâce à leur esprit d’ouverture et de tolérance, animés par l’esprit de justice et d’équité, dialoguent sans hésitation et sans haine, nous montrant par leur attitude, que la vigilance et la raison doivent accompagner le combat contre l’ignorance et la peur. La laïcité énoncée sans la nommer dans la loi de 1905, toujours d’actualité, reste le meilleur garant de la paix civile.

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