Centenaire du décès de Georges Martin – 9 mai 1844 – 1er octobre 1916

Photo Georges Martin un des fondateurs du DROIT HUMAIN

Le 1er octobre 1916 s’est éteint Georges Martin, un des fondateurs de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN.

Au mois de septembre 1916, selon des témoignages en notre possession, Georges Marin est épuisé. Il reçoit encore quelques proches, ne se déplace presque plus. Lucide, il sait ce qui l’attend.

Quelles images peuvent lui revenir en ces heures où les forces de vie et de luttes l’abandonnent ? Bien sûr nous ne savons rien de cela …

Peut-être se souvient-il des jésuites de la rue Lhomond qui trouvaient ce jeune garçon indocile, rétif à la religion enseignée… Athée et rationaliste il sera, jusqu’au dernier souffle. Peut-être se souvient-il du temps où, à 22 ans, il avait rejoint comme ambulancier les troupes de Garibaldi pour participer à Brescia à la conquête de la Vénétie, interrompant pour un temps ses études de médecine… Ou de l’ambulance du fort d’Issy, où il fut aide-major pendant trois semaines de bombardements en 1870-71… De ses promenades à pied dans sa chère Sologne… De son élection à 40 ans comme Sénateur, le plus jeune jamais élu à ce poste à son époque… De ses patients, pour lesquels le docteur ne ménageait pas sa générosité… De ses nombreux combats politiques et sociaux où il cherchait à faire acquérir des droits par la force de la loi… Des hivers sur la Côte d’Azur où sa femme et lui venaient retrouver des forces…

L’homme d’action, républicain fervent, orateur reconnu, infatigable organisateur et unificateur du jeune DROIT HUMAIN, a perdu de sa force physique, mais rien de ses convictions.

Depuis trois ans il craint une éventuelle scission dans l’édifice maçonnique en cours de construction. Et la guerre elle-même l’a touché. Elle fera qu’il ne pourra pas vivre le premier Convent International de l’Ordre. Sa construction en est retardée par le conflit. La disparition de sa femme en 1914 l’affecte en profondeur. Marie-Georges Martin, Grande Maîtresse de l’Ordre, a tout partagé avec lui de la construction du DROIT HUMAIN.

Le 26 juin 1916 il déclarait : « Ma tâche s’achève, et je ne verrai pas le couronnement de mon œuvre, mais vous, qui restez après moi, vous continuerez l’œuvre commencée. Restez unis et répandez la Vérité et la Lumière. »

Georges Martin et sa femme ont vendu tous leurs biens pour acheter et léguer le bâtiment qui est le siège du DROIT HUMAIN INTERNATIONAL, rue Jules Breton, dans le 13ème arrondissement de Paris. Quelques pièces du bâtiment leur étaient réservées.

Le 1er octobre 1916, il nous est dit qu’il voulut se lever, rejoindre le fauteuil où il passait du temps à veiller, réfléchir, échanger, recevoir… Il s’éteignit vers 16 heures.

Après son décès, dans un discours prononcé au temple de la rue Jules Breton puis au cimetière de La Ferté-Saint-Aubin, Marie Bonnevial dit ceci : « Parce qu’il était par excellence l’homme du Devoir, il avait une haute idée du Droit. Tout ce qui froissait le droit et la justice révoltait son esprit sincère. C’est ce sentiment qui nous valut le féministe qu’il était. »

Comme tous les républicains de son temps Georges Martin fut un fervent laïc, un inlassable combattant pour le progrès social.

Comme beaucoup de francs maçons de son temps il voulut construire une maçonnerie libérée des dogmes.

Ce qui l’a distingué, c’est un engagement maçonnique très particulier, novateur, posant l’égalité de l’homme et de la femme dans tous les domaines, y compris donc en maçonnerie. C’est quand il comprend et prend acte du blocage pour faire évoluer les organisations maçonniques existantes, et à cet égard il regrettera d’avoir perdu quelques années, qu’il envisagera avec Maria Deraismes, et d’autres Sœurs et Frères, de fonder un objet maçonnique non identifié, une Loge mixte.

Dès l’initiation inaugurale de Maria Deraismes, à laquelle il assiste et où il prendra la parole, Georges Martin s’adresse aux Frères de la Loge « Les libres penseurs » du Pecq : « L’avenir appartient aux hommes de progrès, vous êtes de ceux-là, l’avenir est à vous, à la maçonnerie mixte que vous venez de fonder ». L’initiation de Maria Deraismes, acte accompli par une Loge régulière, marque la transgression du « No Women ». Tradition, Transmission et Transgression se rassemblent en ce geste fondateur.

Partant de la mixité, pour permettre l’accès des femmes aux plus hauts grades, Georges Martin et les pionniers en arrivèrent à l’idée d’un Ordre, Ordre International pour proclamer LE DROIT HUMAIN sur toute la surface de la terre et dans toutes les sociétés. Il s’agit de parvenir à ce qu’hommes et femmes puissent « bénéficier, d’une façon égale, de la justice sociale dans une humanité organisée en sociétés libres et fraternelles ». Et cette utopie maçonnique nouvelle portera le nom de DROIT HUMAIN. Choix qui nous paraît étonnamment actuel.

Voilà donc cent ans… Au Fondateur, à son opiniâtreté, à son désintéressement, à ses rêves et à sa force, les Francs Maçons de la Fédération française du DROIT HUMAIN comptent bien demeurer fidèles.

Absolument rien ne dit que le message universel porté par les mots DROIT HUMAIN soit dépassé au profit de pensées à courte vue, oublieuses des aspirations à la Liberté, à l’Egalité et à la Fraternité universelle.

C’est quand le travail de bas-fond effectué par certains semble parfois si proche de l’emporter chez bien trop d’humains, qu’il nous faut savoir trouver ce qui fera vivre aujourd’hui l’Idéal d’un Maçon comme Georges Martin, dans le monde comme il va, et comme il ne va pas.

Citations de Georges Martin :

Sur les droits de l’enfant

« Du jour où l’enfant vient au monde, par le seul fait de sa naissance, il acquiert le droit de vivre et la société, au milieu de laquelle il est né, lui doit non seulement aide et protection, mais encore elle doit le nourrir et l’instruire jusqu’à l’adolescence si les parents ne sont pas en état de le faire eux-mêmes ».

Sur l’égalité des salaires hommes / femmes

« La femme a non seulement les mêmes droits que l’homme, mais de plus grands encore, elle, dont le salaire, dans notre société mal équilibrée, est moins rémunérateur que celui de l’homme. »

Sur la paix et la peine de mort

« Nul n’a le droit de supprimer la vie d’un être humain pour des motifs individuels ou collectifs et la civilisation doit aboutir à la suppression de la guerre, de la peine capitale, traditions de la barbarie qui, par des hécatombes inutiles, incitent, par l’exemple donné, l’individu de devenir homicide par vengeance, par amour, par haine, par besoin ou par intérêt.»

Un athée tolérant

« Chacun a le droit d’avoir toutes les idées qui lui plaît, mais à son tour, témoigne d’une grande liberté de pensée pour les autres et ne cherche pas à les influencer »

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