Banlieue et politique de la ville

Quelle politique de la ville, pour quelle banlieue ?

PRÉAMBULE

CPS Fiche n°9 – Banlieue et politique de la ville

Les émeutes urbaines et la crise des banlieues nous concernent tous. Le désengagement progressif de l’Etat dans les services publics, lié ou non aux crises économiques, le chômage, la crise du logement et de l’école, ont favorisé un effacement du lien social et fait émerger des phénomènes d’exclusion. Cela remet en cause le pacte social et les mécanismes de solidarité, et interroge sur le fonctionnement même de notre démocratie fondée sur un contrat social.

Défenseurs des valeurs de la République (Liberté, Egalité, Fraternité) et du pacte social fondé sur la solidarité, la laïcité, la mixité, les Francs-Maçons de la Fédération Française de l’Ordre Maçonnique Mixte International LE DROIT HUMAIN ont dressé un certain nombre de constats et défini des objectifs pour émettre leurs propositions.

CONSTATS

La banlieue semble concentrer toutes les crises, les contradictions et les discontinuités des politiques publiques. On remarque la faillite et l’affaiblissement des réseaux de sociabilité de proximité :

  • Crise du bénévolat et des structures associatives, l’engagement et la solidarité sont fragilisés, ce qui ne permet plus aux habitants d’agir en acteurs.
  • Crise de l’école : remise en cause de sa place, de son rôle en tant que lieu de transmission des valeurs républicaines.
  • Crise de l’emploi : quasi disparition du syndicalisme, accroissement de la précarité et de la pauvreté.

Tout cela favorise le développement de l’insécurité, de la violence, des communautarismes et de l’obscurantisme.

OBJECTIFS

Considérant que l’humain doit rester au centre des réflexions de notre société, quels que soient le sexe, la religion, l’origine, le statut social, les Francs-Maçons du DROIT HUMAIN considèrent que les objectifs suivants doivent être poursuivis :

  • Faire valoir le droit afin que les populations retrouvent la sécurité nécessaire pour se projeter dans d’autres possibles.
  • Stopper le reflux de la mixité sociale et les progrès du communautarisme.
  • Arrêter la dégradation du statut égalitaire de la femme.
  • Rétablir l’équilibre de la société en empêchant la dévalorisation de l’humain.
  • Arrêter l’effet « stop and go » des politiques publiques.
  • Alléger le poids qui pèse sur les jeunes et les plus de 50 ans, des générations sacrifiées.

PROPOSITIONS

  1. Créer un vrai ministère doté de moyens distribués au plus près du terrain c’est-à-dire au niveau de la ville et même du quartier.
  2. Assurer la continuité des politiques en faisant coïncider mandatures, dispositifs et évaluations. Cela suppose le principe de responsabilité des acteurs. L’Etat doit s’engager à nommer des fonctionnaires qualifiés et expérimentés dans les banlieues avec des mécanismes compensateurs (traitement, temps, points de retraite, etc.).
  3. Développer une culture en réseau, instaurer des structures permanentes de réunions, d’échanges, nommer un interlocuteur connu de tous.
  4. Renforcer la formation pour relancer l’emploi :
  • Formation initiale : favoriser des politiques d’éducation d’excellence. Dans le même temps, rétablir des formations qualifiantes, couronnées par un diplôme type CAP, pour les carrières manuelles.
  • Repenser une politique de carte scolaire favorisant la mixité sociale.
  • Compenser les difficultés sociales dans certains quartiers par une politique de déconcentration des moyens de l’Etat.
  • Formation continue :
    • Former les parents : langue, économie sociale et familiale, accueil des primo-arrivants, instruction civique.
    • Lutter contre l’illettrisme et l’analphabétisme (étendre le 1% formation aux travailleurs précaires).
    • Réinsérer à l’aide des formations par alternance.
  1. Réaffirmer la démocratie :
  • Droit de vote des étrangers hors U.E. aux élections locales.
  • Budget (environ 2%) alloué au choix des conseils de quartier.
  • Développement des conseils municipaux “jeunes”.
  • Intégration d’une forme de “Conseil des anciens” dans les comités de quartier.
  1. Assurer une politique de Santé publique, favorisant le développement de l’enfant et de l’adolescent :
  • Les phénomènes d’addiction existent partout mais sont surmultipliés en banlieue. Le développement d’un réseau de relations entre les acteurs doit permettre de lier prévention et répression.
  • Développement de la prévention des violences faites aux femmes.
  • Développement des appartements thérapeutiques pour les sortants d’hôpital psychiatrique ou les toxicodépendants.
  • Maintien des structures de P.J.J. (Protection Judiciaire de la Jeunesse), des P.M.I. (Protection Maternelle et Infantile), scolarisation dès l’âge de 2 ans.
  1. En finir avec les ghettos urbains :
  • Favoriser un habitat mixte dans toutes les villes.
  • Développer les parcours résidentiels permettant, au final, l’accession à la propriété.
  • Respecter, au maximum, l’adéquation habitat / emploi.
  • Réduire le temps de transport par des investissements massifs dans les transports publics.
  • Poursuivre et amplifier les opérations de renouvellement urbain.

Pour nous Francs-Maçons, une politique de la ville cohérente, proche du terrain et bien gérée est un élément clé constitutif d’une société plus juste.

Les principes du pacte social garantissant liberté, égalité, fraternité, solidarité, mixité, laïcité doivent être réaffirmés et développés dans les actes quotidiens afin de permettre à tous de vivre ensemble en harmonie.

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