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Le mot du Président
 

La vérité scientifique, fondée sur l’observation, sur l’émission d’hypothèses vraisemblables et contrôlées par des expériences, est une vérité relative, et qui s’affirme comme telle, c’est-à-dire vraie dans les conditions d’expérimentation. C’est une vérité capable de se soumettre au doute et d’évoluer en fonction des progrès de la science et de l’état des connaissances.

Le dogme n’est fondé sur aucune connaissance, il relève de la foi, s’affirme comme une vérité absolue qui ne peut être vérifiée par aucune expérimentation. Il se pose comme incontestable et ne supporte aucune mise en cause.

Alors, parler de la foi, de Dieu et de la religion, au nom du dogme, oui, bien sûr et nul n’y trouvera à redire. Cela concerne ceux que ces sujets intéressent et ils peuvent l’être dans un questionnement sur la dimension spirituelle de l’appréhension du monde par l’être humain, questions auxquelles chacun trouve en lui-même les réponses qui lui conviennent, et questions auxquelles les sociétés apportent une réponse morale toute relative.

Les progrès de la médecine se font sur la base de la vérité scientifique. Cela n’exclut, certes, que ces progrès nous interpellent quant aux conséquences éthiques de leur application. Les États légifèrent sur ces questions capitales parce qu’elles traduisent une conception de l’humain qui façonne les sociétés. Dans celles qui prennent en compte les Droits Humains, les dispositifs adoptés s’efforcent d’accorder la plus grande place possible au respect de la dignité humaine et au souci du bien-être commun dans une démarche de progrès.

Lorsque des responsables religieux tentent de mêler ce qui relève du dogme à ce qui concerne le soin de l’humain et la vie des citoyens, le résultat pourrait n’être que risible s’il n’était proprement scandaleux. Le Pape s’ingénie à tenter de planter le coin de la doctrine de l’Eglise catholique là où elle n’a plus rien à faire depuis bien longtemps. Ses propos de prédicateur moyenâgeux qui manifestent un mépris de la personne humaine et de ses droits, qui constituent un déni de justice profondément choquant, qui affichent un désintérêt total pour la vie, postulent une fixation aveugle à des principes fondés sur la croyance et totalement dépassés.

Qu’il s’agisse de la complaisance à l’égard du révisionnisme, qu’il s’agisse de l’excommunication de personnes qui n’ont fait que réparer en conscience un crime dont le responsable, lui, est considéré comme pouvant toujours faire partie de la communauté chrétienne, qu’il s’agisse de contraception et de SIDA, la position dogmatique réaffirmée contre toute considération humaine, est étrangère à nos valeurs de Francs-maçons du Droit Humain.

Au moment où certains voudraient que soit criminalisée la liberté de penser que les certitudes dogmatiques sont contestables, nous voyons qu’en réalité, ce sont les effets de la pensée dogmatique qui sont, eux, criminels.

Michel PAYEN

Président du Conseil National
Fédération Française du DROIT HUMAIN